L'Age mur de Camille Claudel

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L'Âge mûr ou La Destinée
ou Le Chemin de la vie ou La Fatalité (1894-1900)

À la fin de 1893, Camille Claudel envoie à son frère une longue lettre présentant divers sujets auxquels elle travaille alors. Parmi ces croquis, figure un « groupe de trois » que l'artiste espère pouvoir présenter au prochain Salon et que l'on peut considérer comme un projet pour le « chef-d'oeuvre de Camille Claudel »[1], L'Âge mûr. Elle écrit alors : « Je suis toujours attelée à mon nouveau groupe de trois ; je vais mettre un arbre penché qui exprimera la destinée »[2]. Sur le croquis de l'artiste, l'arbre apparaît en effet, formant un groupe « tout en largeur ». L'oeuvre ne sera finalement pas achevée pour le Salon de 1894 où sera néanmoins exposée la figure de L'Implorante (cf. n° 44), seule partie présentable du groupe.
Pour aider Camille Claudel, alors séparée de Rodin, le directeur des Beaux-Arts pensa confier à l'artiste la réalisation d'un Buste de Gaston d'Orléans et délégua un inspecteur, Armand Silvestre, pour lui notifier la commande. A. Silvestre remarque alors dans l'atelier de l'artiste « une composition vraiment intéressante et dont les études sont déjà très poussées. Il représente l'âge mûr, figuré par un homme que la vieillesse attire, que la jeunesse retient... Le mouvement en est vraiment lyrique et la préoccupation de Rodin manifeste. L'artiste eut préféré beaucoup que l'État lui commanda cette oeuvre qu'elle prétend faire en marbre pour 5 000 F. Sans lui donner aucun espoir à ce sujet, je lui ai promis de vous soumettre son voeu. C'est vraiment de la part d'une femme une oeuvre très noble et très poussée »[3]. Il s'agit là sans aucun doute de la première version de L'Age mûr aujourd'hui conservée au musée Rodin.
La commande du plâtre fut signée le 25 juillet 1895. Six mois plus tard, Camille Claudel sollicite une avance et A. Silvestre se rend à nouveau dans l'atelier de l'artiste où il voit le groupe si bien avancé qu'il justifie l'acompte demandé, accordé le 19 février 1896.Le 14 octobre 1898, elle annonce au directeur des Beaux-Arts que son groupe est terminé et A. Silvestre rend un troisième rapport le 1er novembre : « L'homme à la fin de sa maturité [est] vertigineusement entraîné par l'âge tandis qu'il tend une main inutile vers la jeunesse qui voudrait le suivre en vain. L'artiste n'a fait à sa maquette que peu de modifications. Mlle Claudel a séparé la main de son principal personnage de celle de la figure de la jeunesse pour en mieux exprimer l'éloignement. Elle a de plus enveloppé la figure de l'Age, de draperies volantes qui accusent la rapidité de sa marche. d'une facture très moderne. Il mériterait l'exécution en bronze que l'artiste demande et je ne puis que donner un avis favorable à son désir »[4].
Quoique reçue définitivement, l'oeuvre ne fut pas payée car elle n'était inscrite sur aucun inventaire. Le 14 décembre, le père de Camille Claudel réclame pour elle le paiement de la commande au directeur des Beaux-Arts[5]. Une note du 23 décembre 1898 demande au conservateur du Dépôt des marbres de l'inscrire : « Mlle Claudel est autorisée à garder à sa disposition en vue de l'exécution définitive, le modèle en plâtre d'un groupe L'Age mûr qui lui a été commandé par l'administration. Il y aura lieu d'inscrire cet ouvrage avec mention du prêt à l'artiste »[6]. L'artiste n'étant toujours pas payée, elle écrit, le 27 décembre 1898 : « Il est fort probable que si ma demande était appuyée par quelques-uns de vos amis comme M. Rodin par exemple, M. Morhardt ou autre vous n'hésiteriez pas à me solder ce que vous me devez. Je me bornerai à vous faire remarquer que j'ai fait sur ce groupe 2 000 F d'avance et que cela plaise ou non à Rodin ou à Morhardt, il faut que j'en sois payée sans cela c'est à eux que j'aurai à faire. Je vous prie de croire que je ne suis pas en humeur à me laisser tenir en suspens même par vous »[7].
Le 5 janvier 1899, sur l'exercice suivant, l'artiste était réglée et le 16 juin, le modèle d'un arrêté chargeant Camille Claudel d'exécuter l'oeuvre en bronze était préparé[8], laissant en blanc le prix et la date. Roujon, directeur des Beaux-Arts, fit « supprimer la commande » le 24 juin, sans indiquer les motifs de sa rétractation. Ce second plâtre resta dans l'atelier de Camille après son internement et fut utilisé pour la fonte chez Carvilhani à l'intention de Philippe Berthelot.
En mars 1900, Georges Lenseigne, qui avait déjà défendu l'oeuvre de Camille Claudel en se battant pour faire accepter Sakountala au musée de Châteauroux, écrit au directeur des Beaux-Arts pour demander la commande du bronze. De plus, L'Age mûr est refusé à l'Exposition universelle. Lenseigne écrit à nouveau le 27 octobre 1901 : « Je crains que vous ayez oublié la commande du bronze de L'Age mûr à Mlle Camille Claudel ; vous m'en aviez laissé l'espoir pour cette année, et je vois que l'année va bientôt se terminer sans que la vaillante artiste ait reçu cette satisfaction. Cette demande n'avait pourtant rien d'excessif, puisque le plâtre a déjà été acquis par l'État (...) »[9].
En 1899, cependant, un amateur privé, Louis Tissier, guidé dans le Salon par le peintre Léon Lhermitte, ami de Camille Claudel, avait remarqué le plâtre de L'Age mûr et commandé une épreuve en bronze du personnage de L'Imploration (cf. n° 44). Dans une lettre à Paul Claudel, le 31 août 1943, le capitaine Tissier expliquera comment il était devenu le premier commanditaire du bronze : « Rentré en France, fin de l901, je revis Camille Claudel et retrouvai dans son atelier le groupe de L'Âge mûr. Elle m'apprit qu'elle n'avait pas voulu le livrer à l'État, qui l'avait acquis, craignant que, mis au " Dépôt des Marbres " ce grand cimetière de sculpture de la rue de l'Université, le plâtre n'ait à souffrir de grands dommages.
« Un désir s'empara de moi, celui de sauver l'oeuvre de la destruction en la faisant fondre ; j'avais déjà l'un des personnages. Malheureusement, le socle modelé spécialement pour lui ne pouvait s'adapter à l'autre partie. (...) Nous étudiâmes une solution. Camille Claudel me proposa de séparer l'ensemble en trois parties pour faciliter les transports éventuels. La draperie d'une part, fixée par un tenon et une vis au dos de la vieillesse et les deux personnages que vous appelez dans l'article de l'Art décoratif, l'un " L'Age mûr " et l'autre " l'Imploration ". Cela explique pourquoi se trouve sur la photogravure de " l'Imploration " deux tenons visibles dans le socle, ils s'emboîtent dans deux alvéoles correspondantes de la partie de " l'Age mûr " et rapprochés reconstituent l'ensemble de l'oeuvre ainsi remontée en place. (...) Il fallut chercher un fondeur. Rudier que votre soeur proposa fit un devis que mes modestes moyens ne permirent pas d'accepter »[10].
En effet en janvier 1902, Camille Claudel propose à L. Tissier une fonte par F. Rudier pour le prix de 6 000F[11]. Finalement le travail fut réalisé par la maison Thiébaut pour 3 800 F, « et c'est l'artiste elle-même qui exécuta les coupures nécessaires dans le plâtre et surveilla personnellement tout le travail dans les ateliers des Ternes (...) »[12]. C'est ce premier exemplaire en bronze, achevé en 1902 et présenté au Salon en 1903, qui fut acquis par le musée d'Orsay des descendants du capitaine Tissier.
En mars 1905, l'inspecteur des Beaux-Arts, M. Havard, se rend quai Bourbon pour voir un groupe en marbre. Il s'agit de Vertumne et Pomone, déjà vendu à la comtesse de Maigret. Camille Claudel profite de cette visite pour solliciter à nouveau la commande en marbre ou en bronze de L'Âge mûr : « (...) je dois profiter de l'occasion pour vous dire que M. Armand Silvestre avait autrefois demandé pour moi la commande d'un autre groupe L'Âge mûr ou La Fatalité. La commande du plâtre de ce groupe m'a été faite et payée par l'État en attendant la commande du bronze que M. Armand Silvestre m'avait formellement promise. M. Armand Silvestre décédé, l'affaire resta en suspens. Je demande que l'État achève ce qu'il a si bien commencé en confirmant la commande du marbre ou du bronze »[13].
Cette requête reste sans suite et l'artiste est sommée de remettre le plâtre au Dépôt des marbres « puisqu'il n'a jamais été question (...) [de lui] donner la commande du marbre »[14].
Le 6 novembre 1905, Eugène Blot écrit, en sa qualité de trésorier des Amis du Luxembourg, au sous-secrétaire d'État pour « que l'État donnât suite à la promesse d'achat que lui avait donnée autrefois Armand Silvestre, de son groupe en bronze : La Jeunesse et l'Âge mûr (...). C'est la suite de cette commande (...) que je viens solliciter pour Mlle Claudel, au nom de l'intérêt artistique qu'elle inspire et en raison de sa situation de femme malheureuse, dont beaucoup envient le grand talent, mais dont personne ne s'occupe. Il y aurait là, pour vous, un acte de bonté et de justice, une belle réparation d'un oubli regrettable, puisque C. Claudel n'a jamais obtenu une seule commande de l'État »[15].
Le sous-secrétaire d'État répond à Blot le 30 novembre 1905 : « J'ai l'honneur de vous faire savoir qu'on n'a pas trouvé trace de cette promesse à l'administration des Beaux-Arts et que j'ai prescrit à ce sujet de nouvelles recherches »[16].
En mars 1906,1'artiste envoie à son tour une lettre au sous-secrétaire d'État : « Monsieur Delpeuch et Eugène Blot m'ont informée que vous aviez bien voulu leur assurer de reprendre pour vous la promesse de commande en bronze par l'État de mon groupe L'Âge mûr qui m'avait été faite en 1893 par feu Armand Silvestre et pour la confirmation de laquelle j'attends toujours »[17].
L'affaire n'était toujours pas réglée en juillet 1907 et Camille Claudel écrit alors au ministre : « J'ai l'honneur de m'adresser à vous pour obtenir la conclusion d'une affaire qui traîne à l'administration des Beaux-Arts depuis de nombreuses années. Il s'agit d'une commande de l'État qui m'a été faite il y a plus de vingt ans et n'est pas encore soldée. M. Dujardin-Beaumetz avait promis une solution rapide, mais la statue en bronze (valeur 3 000 F) est toujours chez moi attendant vainement que l'on décide sur son sort. Mon fondeur attend également le paiement de son travail se montant à 1 000 F [...] je vous prie d'agir en ma faveur et de me faire payer le plus tôt possible le prix de mon travail »[18].
Dujardin-Beaumetz, sous-secrétaire d'État, chargé par son ministre d'éclaircir l'affaire, lui adresse une note le 13 août 1907 : « [...] On a l'honneur de faire connaître à M. le Ministre qu'aucune commande de sculpture en bronze n'a été faite à Mlle Claudel. [...] M. Roujon, alors Directeur des Beaux-Arts, donna l'ordre, pour des raisons qui n'apparaissent pas au dossier et qui doivent tenir à la nature même de l'oeuvre, de ne pas commander la traduction en marbre ou en bronze de l'ouvrage dont il s'agit.[19] [...] Si le projet d'une commande en matière définitive devait être complètement abandonné, il y aurait tout intérêt à réclamer la livraison du plâtre [20].
Ayant échoué auprès de Dujardin-Beaumetz, Eugène Blot fit réaliser six nouvelles fontes, au tiers de la dimension originale, de La Jeunesse et l'Âge mûr qu'il présenta dans sa galerie, rue Richepanse, du 24 octobre au 10 novembre 1907, et du 1er au 24 décembre 1908, et dont il proposa un exemplaire à l'État qui ne put évidemment l'acquérir, possédant le plâtre et ayant refusé la commande en bronze. Dans une lettre à Leblanc-Barbedienne, l'éditeur raconte : « Ayant acheté le groupe entier et ne pouvant le laisser dans sa taille originale (il eut dépassé les plus grandes cheminées) je l'ai fait réduire par le réducteur de Rodin »[21].
Le plâtre achevé existait encore en 1913 puisque Paul Claudel le présentait dans son article de L'Art décoratif. En 1935, Eugène Blot écrit à M. Morhardt que « Philippe Berthelot possède l'original en plâtre »[22] ; il évoque vraisemblablement le premier projet aujourd'hui conservé par le musée Rodin et non pas l'oeuvre présentée en 1899. Cependant, reste une question. Si le plâtre de la première version a bien été conservé par Philippe Berthelot puis par Paul Claudel avant d'être donné au musée Rodin, qu'en est-il du plâtre de la seconde version et quand et pour qui a été fondu le bronze Carvilhani ? L'hypothèse, proposée par R.-M. Paris, est que ce bronze a été fondu pour Philippe Berthelot après l'internement de Camille Claudel à partir du plâtre resté dans l'atelier, et que le plâtre a été détruit lors des opérations chez Carvilhani. Cela nous semble tout à fait plausible.
Conçu à l'époque de la séparation d'avec Rodin, L'Age mûr est certainement l'oeuvre la plus largement autobiographique parmi celles réalisées par Camille Claudel comme l'a très bien compris son frère, lorsqu'il écrivait : « L'Âge mûr ! cette forme capitalisée du destin ! (...) Et la femme cependant, la jeune fille plutôt, cette âme nue, cette jeune fille à genoux, (...) Ma soeur Camille. Implorante, humiliée à genoux, cette superbe, cette orgueilleuse, c'est ainsi qu'elle s'est représentée. Implorante, humiliée, à genoux et nue ! Tout est fini ! c'est ça pour toujours qu'elle nous a laissé à regarder ! et même sous vos yeux, c'est son âme ! C'est tout à la fois l'âme, le génie, la raison, la beauté, la vie, le nom lui-même. »[23] Le frère de l'artiste avait, en 1913, parfaitement analysé les nuances entre le premier projet et l'oeuvre définitive : « Tandis que dans le deuxième projet l'Homme vaincu se laisse conduire, dans le premier il résiste encore »[24]. Cet homme, c'est Rodin, l'amant dont Camille se sépare alors, l'amant retenu par sa vieille et fidèle maîtresse, Rose Beuret, représentée par une allégorique Vieillesse.
Dans L'Âge mûr, comme dans ses autres travaux d'inspiration autobiographique, Camille Claudel accentue le dramatisme du thème, somme toute traditionnel, en construisant l'oeuvre avec un net souci de déséquilibre dans la composition. Ainsi, les mouvements de vague travaillés sur le socle et les effets de draperie rappellent le groupe de La Valse et annoncent La Fortune. Mais s'il est facile, a posteriori, de démêler la part de l'imagination et du vécu dans l'inspiration de Camille Claudel, les critiques de l'époque virent essentiellement dans L'Age mûr une allégorie dramatique de l'irréversibilité du cours de la vie. Pour L. de Fourcaud, « Mlle Claudel (...) a sacrifié (...) aux théories romantiques. Sur un terrain découpé, ajouré, comme fait d'une combinaison de pièces de carrosserie contournées, elle nous offre un vieil homme courbé, cheminant à pas lourds et harcelé par la Mort. Derrière lui se traîne sur ses genoux une femme nue, les mains étendues, suppliante. Le titre de l'oeuvre est L'Âge mûr. Certes, le talent n'y manque point ; mais je sens encore là une sculpture imaginée pour illustrer une ballade -- et je demande pourquoi où la poésie se passe de tout auxiliaire, on fait intervenir la sculpture ? »[25] Pour André Michel, « entre cette Adolescence [de Thomas] et L'Âge mûr de Mlle Claudel, il y a Baccio Bandinelli et Rodin, La Porte de l'Enfer, et tout ce que l'art de Rodin a exprimé de la sensibilité trépidante et inquiète de nos contemporains [...] elle [C. Claudel] a modelé avec une véhémence un peu désordonnée les corps douloureux et décrépits -- c'est ici de la sculpture de sentiments »[26]. La référence à Rodin apparaît encore plusieurs fois dans les commentaires comme dans celui publié par La Petite Gironde : « Mlle Claudel est élève de Rodin ; cela saute aux yeux quand on considère son groupe énergiques (sic) de L'Age mûr »[27]. Mais cette notation n'exclut pas toujours le génie propre de l'élève, ainsi Fagus écrit-il : « Tout en gardant son sentiment propre, Mlle Claudel a su s'inspirer de la poignante grandeur du maître : " L'Âge mûr " est en ce sens très remarquable »[28]. Il arrive également que l'oeuvre appelle des commentaires enthousiastes, tel celui d'Yvanhoë Rambosson : « Mlle Camille Claudel est une admirable productrice de chefs-d'oeuvre. L'Âge mûr est d'un mouvement qu'on n'a pas vu depuis Carpeaux »[29], ou celui de Louis Vauxcelles : « Contemplez longuement ce groupe où la science s'allie à l'émotion (...) Camille Claudel est sans contredit l'unique femme sculpteur sur le front de laquelle brille le signe du génie »[30].
Pour cette oeuvre essentielle, même si la composition générale est déjà trouvée dans le croquis de 1893, Camille Claudel semble avoir multiplié les études. C'est à ce travail de maturation que l'on peut rattacher quelques esquisses et notamment plusieurs petites têtes dont l'une fut plusieurs fois éditée en bronze. Une épreuve, fondue par Rudier (Tête de vieillard), fut acquise en 1902 par le capitaine Tissier, le commanditaire du groupe. Dans une lettre de janvier 1902, l'artiste écrit à son acquéreur que « la petite tête en bronze sera prête vers le milieu de la semaine prochaine patinée et signée et je serai très fière de la savoir chez vous »[31]. Nous ne connaissons pas le nom du fondeur qui réalisa les deux exemplaires avec des essais de patine (l'un argenté) qui sont dans une collection particulière. Nous ne savons pas non plus quel tirage fit Blot de cette tête dont il acquit les droits en 1907 et qu'il présenta dans sa galerie en 1908.
Il y a dans L'Âge mûr, certes un sentiment expressionniste qui rattache l'oeuvre au style de Rodin. En fait on y devine surtout un rythme art-nouveau, présent déjà dans La Valse, mais qui s'exprime plus ouvertement ici, notamment dans la version achevée du groupe bien entendu. Cet effort décoratif, que l'on peut par exemple rapprocher du mouvement de La Nuit que Victor Prouvé présenta à la Nationale de 1894[32], est la marque de ce souci d'indépendance qui guide alors l'inspiration de l'artiste qui, avec le croquis du groupe, en 1893, écrit à son frère : « ce n'est plus du tout du Rodin »[33].

 
[1] Selon l'article d'Anne Pingeot auquel sont empruntées nombre de références citées dans cette notice, notamment les documents concernant le bronze de la collection Tissier.
[2] Lettre de Camille Claudel à Paul Claudel, (s.d. [1893]) ; Paris, Bibliothèque nationale, fonds Paul Claudel.
[3] Rapport d'A. Silvestre (3 VII 1895) ; Paris, Archives nationales, F21 2162.
[4] Rapport d'A. Silvestre (1 XI 1898) ; Paris, Archives nationales, F21 2162.
[5] Lettre de Louis-Prosper Claudel au Directeur des Beaux-Arts (14 XII 1898) ; Paris, Archives nationales, F21 2162.
[6] Note au conservateur du Dépôt des marbres (23 XII 1898) ; Paris, Archives nationales, F21 2162.
[7] Lettre de Camille Claudel au directeur des Beaux-Arts (27 XII 1898) ; Paris, Archives nationales, F21 2162.
[8] Modèle d'arrêté (16 VI 1899) ; Paris, Archives nationales, F21 4299.
[9] Lettre de Georges Lenseigne au Directeur des Beaux-Arts (27 X 1901) ; Paris, Archives nationales, F21 4299.
[10] Lettre de L. Tissier à P. Claudel (31 VIII 1943), Paris, Bibliothèque nationale, fonds Paul Claudel.
[11] Lettre de Camille Claudel à Louis Tissier (s.d., cachet postal du 12 I 1902) ; Paris, Bibliothèque de la conservation des Musées nationaux.
[12] Lettre de L. Tissier à P. Claudel (31 VIII 1943) ; Paris, Bibliothèque de la conservation des Musées nationaux.
[13] Lettre de Camille Claudel à l'inspecteur des Beaux-Arts, monsieur Havard, s.d. [1905] ; Paris, Archives nationales, F21 4299.
[14] Lettre du sous-secrétaire d'État aux Beaux-Arts à Camille Claudel (18 avril 1905) ; Paris,Archives nationales, F21 4299.
[15] Lettre d'E. Blot au sous-secrétaire d'État (novembre 1905) ; Paris, Archives nationales, F21 4299.
[16] Lettre du sous-secrétaire d'État aux Beaux-Arts à Eugène Blot (30 novembre 1905) ; Paris, Archives Nationales, F21 4299.
[17] Lettre de Camille Claudel au sous-secrétaire d'État (s.d. [mars 1906]) ; Paris, Archives nationales, F21 4299.
[18] Lettre de Camille Claudel au ministre, (s.d. [juillet 1907]) ; Paris, Archives nationales, F21 4299.
[19] Nous rejoindrons l'hypothèse d'Anne Pingeot que Rodin ne tenait pas à voir ses démêlés privés sur la place publique ; 1982 (Revue du Louvre), p. 292. Il est d'ailleurs intéressant de noer que Morhardt, à qui l'oeuvre n'a pu échapper, n'évoque jamais L'Âge mûr dans son article de 1898.
[20] Lettre du sous-secrétaire d'État au ministre (13 VIII 1907) ; Paris, Archives nationales.
[21] Lettre d'Eugène Blot à Leblanc-Barbedienne (17 décembre 1936) ; Paris, Archives Nationales, F21 4299.
[22] Lettre d'E. Blot à M. Morhardt (21 IX 1935) ; Paris, Archives du Musée Rodin.
[23] P. Claudel, 1951, p. 10.
[24] P. Claudel, 1913, p. 27.
[25] L. de Fourcaud, 1899, p. 250.
[26] A. Michel, 1903, Ill.
[27] Anonyme (A.M., La Petite Gironde, 7 juin 1903).
[28] Fagus, 15 mai 1899.
[29] Y. Rambosson, 1899, p. 382.
[30] L. Vauxcelles, Préf. Cat. E. Blot, 1907.
[31] Lettre de Camille Claudel à Louis Tissier (s.d. [ cachet postal du 18 I 1902]) ; Paris, Bibliothèque de la conservation des musées nationaux.
[32] Le bronze, fondu par Gruet aîné, a été acquis en 1964 par le Musée de l'École de Nancy.
[33] Lettre de Camille Claudel à Paul Claudel (s.d. [1893]) ; Paris, Bibliothèque Nationale, fonds Paul Claudel.

 

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