Buste de Charles Lhermitte de Camille Claudel
© ADAGP

Buste de Charles Lhermitte
(1889)

Selon la tradition familiale, Camille Claudel aurait offert un exemplaire de ce buste au père du jeune modèle, le peintre Léon Lhermitte. Paul Leroi écrit que le peintre connaissait Camille Claudel dès 1886. Dans un article consacré au Salon de 1886, le jour­naliste de L'Art note en effet que Léon Lhermitte appréciait fort les fusains de la jeune artiste1, et fut très attentif à l'exécution du buste ; il écrit à Rodin le 11 avril (1889?) : «Vous seriez bien aimable de venir voir chez moi le buste de Chariot que vient de terminer Mademoiselle Claudel. Cela me paraît très beau et j'aimerais qu'il vous fût possible de me dire votre sentiment sur la matière à employer pour la chose définitive2.» Et une nouvelle lettre du 19 avril demande l'intervention de Rodin pour la patine : «Selon votre avis, j'avais fait part de votre sentiment sur la patine du buste à Mademoiselle Claudel qui, aussitôt, est allée avec un ouvrier qui n'a pu réussir sur place la modification souhaitée. Mademoiselle Claudel est allée voir Liard qui consent à donner au buste la même patine que celle qui a si bien réussi à celui de son frère patine noire3. » Le 18 avril, l'ar­tiste annonçait à son amie Florence Jeans qu'elle présenterait, au Salon qui ouvrait le 1er mai, le buste sans doute achevé4. En 1895, Camille Claudel pré­sentera d'ailleurs, à la Société nationale, le buste du peintre qu'elle avait commencé également en 1889 (cf. n° 32). L'œuvre ne fit pas grand effet lors de sa présentation au Salon, cependant Maurice Hamel notait : «Une tête de petit garçon, par Camille Claudel, a la plus exquise délicatesse, un charme de douceur, un souffle de naïveté enfantine. La nature y est surprise en sa vérité, interprétée avec amour5. » Paul Leroi, ardent défenseur de la jeune artiste, écri­vait : «Mlle Camille Claudel a reproduit, en bronze, les traits de M. Charles Lhermitte, le fils du peintre, en y parant toutes les séductions de l'enfance de cet accent si personnel à la jeune artiste6.»


[1] P. Leroi, 1886, p. 66.
[2] Cité parj. Cassar, 1987, p. 84. Cette citation peut laisser croire que le plâtre (ou la terre) original est alors en possession de Léon Lhermitte et que l'on hésite entre le bronze et le marbre pour une version définitive.
[3] Ibid.
[4] Lettre de Camille Claudel à Florence Jeans (cachet postal de Paris 18 avril 1889) ; Paris, archives du musée Rodin.
[5] M. Hamel, 1889, p. 26.
[6] P. Leroi, 1889, p. 262.

 

En savoir plus > NOTICE

 

Crédits