La Vieille Hélène de Camille Claudel
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La Vieille Hélène ou
Buste de Vieille femme ou Vieille femme
(1882-1905)

La vieille Hélène était une servante alsacienne attachée au service de la famille Claudel, et donc une familière de la jeune Camille. Ce buste, réalisé en 1882 selon Mohardt et remodelé en terre en 1885 pour le Salon, appartient à la série des portraits de proches de l'artiste et ouvre le courant naturaliste important dans l'oeuvre de Camille Claudel.
Pour Mathias Morhardt, « l'oeuvre est sérieuse et réfléchie. On sent qu'elle a été faite avec fidélité --une fidélité trop absolue peut-être même ! Pourtant il n'y a ni maigreur ni sécheresse »[1] . En fait, les détails très accusés, les défauts mêmes accentués du visage de la vieille servante trahissent une évidente exagération naturaliste. Ce portrait évolue alors vers une interprétation, un type de personnage en somme, caricature attachante plutôt que rapport fidèle du visage d'un modèle. Par ses excès mêmes, le Buste de vieille femme est une oeuvre riche d'avenir dans la carrière de Camille Claudel. Elle annonce en effet les sculptures les plus célèbres, ainsi L'Age mûr et ses études, dans lesquelles un souci naturaliste évident sera renforcé par une puissante intervention personnelle. Il est possible que l'oeuvre ait été reprise par l'artiste en 1902, dans une version en terre cuite patinée argent intitulée L'Alsacienne et exposée à la Société nationale. Cet exemplaire peut tout autant faire partie des variantes en terre cuite et en plâtre que mentionne Morhardt et qui, en 1898, se touvaient presque toutes dans diverses collections aaméricaines dont celle de madame Boulard. Le critique explique que « ces variantes [...] consistent principalement dans l'arrangement de la coiffure ».[2]
Il n'est pas possible de dater la fonte Thiébault qui est sans doute assez tardive mais néanmoins ancienne. Le plâtre mentionné par Bigand Kaire dans sa lettre à Rodin[3] fut présenté à l'Exposition des Arts Libéraux en 1892. Nous ne savons pas s'il s'agit d'une épreuve unique ou si le collectionneur passa finalement commande d'un autre exemplaire avant l'exposition. Arrivée brisée le 24 juillet 1892, elle put être restaurée.[4]

[1] M. Morhardt, art. cit., p. 715.
[2] Ibid.
[3] Lettre d'Edmond Bigand Kaire à Rodin (mai 1892) ; Paris, Archives du Musée Rodin.
[4] Lettre d'Edmond Bigand Kaire à Rodin (24 juillet 1892) ; Paris, Archives du Musée Rodin.

 

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