L'Homme penché de camille claudel

L'Homme penché de camille claudel
© ADAGP

L'Homme penché
(v. 1886)

Le modèle masculin utilisé par Camille Claudel pour cette étude d'homme penché, un Italien évoqué dans une lettre à Florence Jeans2, paraît être le même que celui ayant posé pour Giganti et pour Sakountala. Néanmoins, une comparaison entre cette étude et le buste de 1885 ou la Femme accroupie (cf. n° 14) permet de mettre en évidence une nette progression de l'influence de l'art de Rodin dans le travail de Camille Claudel. L'intervention digitale du créateur dans le modelé de l'objet, la contorsion imposée au personnage, les déformations expressives de certains détails anatomiques et le rendu expression­niste de la musculature annoncent en effet, dans L'Homme penché, une époque de transition dans l'art de Camille Claudel, celle représentée par des œuvres marquées par la tentation du plagiat que Paul Leroi redoutait pour l'élève : «M. Rodin est une person­nalité tellement puissante, sa maîtrise est d'ordre si supérieur, qu'il faut bien se garder de se laisser absorber par une influence si naturellement fasci­nante ; en un mot, il faut que la jeune artiste soit bien exclusivement Aille Claudel et non un reflet3. » Cette intervention du modèle rodinien dans l'art de Camille Claudel permet de situer cette étude peu avant le groupe de Sakountala commencé en 1886. Il est également intéressant de rapprocher cette étude du Hamlet de Bourdelle, traditionnellement daté de 1891 et qui présente avec le plâtre de Camille Claudel de troublantes similitudes (cf. repr. p. 40).


[1] «Tout agrandissement ou réduction ne saurait être considéré que
comme une reproduction. » Cour de cassation, 5 novembre 1991.
[2] Lettre de Camille Claudel à Florence Jeans (25 décembre 1887) ; Paris, archives du musée Rodin : «J'ai eu l'ennui de voir mon modèle d'homme partir en Italie et... y rester.»
[3] P. Leroi, 1886, p. 67.

 

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