Jessie Lipscomb de Camille Claudel
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Buste de Jessie Lipscomb
(v. 1883-1886)

La récente étude d'Odile Ayral-Clause a permis de préciser les différentes étapes de la relation nouée entre Camille Claudel et la sculptrice anglaise Jessie Lipscomb (1861-1952). Après avoir obtenu le Queen's Prize en 1882 et la National Silver Medal for Art en 1883, la jeune artiste souhaitait poursuivre sa formation en France. Il est possible que son professeur, Alphonse Legros, l'ait recommandée auprès de Rodin qui lui aurait, à son arrivée à Paris en 1883, fait rencontrer Camille Claudel et les autres sculptrices - essentiellement des anglaises comme Emily Fawcett ou Amy Singer - dans l'atelier du 117, rue Notre-Dame-des-Champs où il corrigeait leurs travaux depuis le départ d'Alfred Boucher en Italie. En 1884, les deux jeunes femmes intègrent l'atelier de Rodin, rue de l'Université et, en 1885, elles participent à la commande des Bourgeois de Calais. La tradition veut que Camille Claudel ait eu en charge le modelage des mains et des pieds tandis que Rodin confiait à Jessie Lipscomb le travail des vêtements et draperies.
Le buste de Jessie Lipscomb fut peut-être modelé par Camille Claudel à l'occasion du séjour qu'elle fit à Peterborough dans la famille de son modèle. Cela expliquerait notamment que l'œuvre soit restée en Angleterre, qu'elle n'ait jamais été présen­tée dans une exposition à Paris et qu'elle soit restée totalement inconnue jusqu'à sa récente redécouverte à l'occasion de la rétrospective de 1984.
En 1887, les deux artistes exposeront à Londres, à la Royal Academy. Jessie Lipscomb y présentait notamment le buste en terre cuite de son amie Mademoiselle Camille Claudel et un Giganti en bronze utilisant le même modèle italien que celui qui avait inspiré à Camille Claudel un buste homonyme déjà montré, à Paris, au Salon de 1885 (cf. n° 19).


[1] O. Ayral-Clause, 1997, p. 21-26, et l'article du même auteur dans le présent ouvrage.

 

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