Problèmes d'attribution et problèmes juridiques
> Oeuvres problématiques
> L'énigme Charles Claudel
 

1. SCULPTURES

La Pudeur (1885)
 
Argent massif

H. 26,5 ; L. 8,7 ; P. 8,7 cm.
NS. n.D.
HISTORIQUE : Apparue en 1993.
BIBLIOGRAPHIE : 1993, R.-M. Paris-G. Perrault, p. 62-65, repr. ; 1996, S. Buisson, n° 23, p. 52, repr, 158.
EXPOSITIONS : 1993, Hong-Kong-Taipei-Séoul, n° 16 ; 1996, Japon, n° 23 ; 1996, A. Rivière-B. Gaudichon- D. Ghanassia, n° NR1, p. 175, repr.
LOCALISATION : Coll. part.
Selon Gilles Perrault, expert à la Cour de cassation, cette statuette non signée est une oeuvre de Rodin à laquelle aurait collaboré Camille Claudel. Le modèle du nu est le même que celui de La Grande Ève. Le sujet est très rodinien mais le visage, les seins ou les pieds sont plus claudéliens. À ce jour, les éléments d'analyse stylistique communiqués par G. Perrault semblent assez convaincants pour envisager la collaboration sérieuse du maître et de l'élève sur cette oeuvre. Cependant la participation de Camille Claudel reste non prouvée même si nous savons qu'en ces années elle fut plus qu'un simple praticien.

 

La Vérité (v. 1900)
 
1. Plâtre
H. 43,5 ; L. 32,5 ; P. 27 cm.
N.S. n.D.
Titré sur la margelle du puits : LA VÉRITÉ.
HISTORIQUE : Ancienne collection de l'historien Léon Cahen.
BIBLIOGRAPHIE : 1990, R.-M. Paris-A. de La Chapelle, p. 214, repr. ; 1990, N. Barbier, n° 71, p. 109, 153, repr. ; 1991, N. Barbier, n° 75, p. 111, 158-159, repr. p; 111, 159 ; 1995, G. Bouté, p. 232 ; 1996, A. Rivière-B. Gaudichon- D. Ghanassia, n° NR 3, p. 175-176, repr. p. 176.
EXPOSITIONS : 1990-1991, Martigny, n° 71 ; 1991, Paris, n° 75.
LOCALISATION : Coll. part.
 
2. Bronze, fonte posthume (1995)
H. 43,5 ; L. 32,5 ; P. 13,5 cm.
S. n.D. : C. Claudel
Cachet du fondeur : Landowski-fondeur. Cire perdue, datée 1995.
HISTORIQUE : Fonte effectuée à partir du plâtre découvert en 1990.
BIBLIOGRAPHIE : Catalogue de vente à l'Hôtel Drouot du 23 juin 1995 ; 1995, G. Bouté, p. 197, 202 repr. ; 1996, A. Rivière-B. Gaudichon- D. Ghanassia, n° NR 3, p. 176 ; 1997, R.-M. Paris (Mexico), p. 104, repr. ; 1997, R.-M. Paris (Sao Paulo), p. 156-157, repr.
EXPOSITIONS : 1995, Luxembourg, n° 38 (fonte Landowski E.A. I/IV) ; 1996, Aulnay-sous-Bois (fonte Landowski E.A. I/IV) ; 1997, Mexico (ex. Blanchet Landowski I/IV) ; 1997, Sao Paulo, n° 36 (ex. Blanchet Landowski I/IV).
Découvert par R.-M. Paris en 1990, ce plâtre lacunaire semble être un assemblage assez maladroit. Le corps de la figure est issu de La Fortune, la tête est proche de celle de la Méduse tenue par Persée dans la petite version de Blot. Il est à noter que le type de caractère utilisé pour titrer l'oeuvre est identique à celui d'une toute première oeuvre de Camille Claudel, Diane.
La provenance, indiscutable, du plâtre a pu le faire accepter sans hésitation. Néanmoins, la qualité très moyenne de l'oeuvre et notamment l'exécution très disgracieuse du puits poussent à la réserve. De plus, en ces années, le thème de La Vérité sortant du puits est une image attestée d'un engagement dreyfusard auquel Camille Claudel ne prit absolument pas part. L'artiste se rangea même résolument dans le clan des antidreyfusards. Eugène Blot participa activement à la défense du capitaine Dreyfus. Il commanda même à Jouant un buste de Zola en plein coeur de l'affaire.
L'inscription trop évidente sur l'accessoire symbolique pourtant évident qu'est le puits, fait penser que ce plâtre pourrait être un pastiche élaboré à partir de
La Fortune dont on aurait beaucoup de mal à retrouver ici la vigueur et la légèreté. En conséquence, il nous paraît difficile d'accepter sans discussion ce plâtre dans le catalogue des oeuvres indiscutables. Aucune mention ancienne, aucune exposition chez Eugène Blot ne permettent de répondre à nos interrogations.

 

Chat
 
Bronze

H. 5,5 ; L. 13,5 ; P. 9 cm.
Signature illisible sur la terrasse
n.D.
Sans marque de fondeur.
HISTORIQUE : Un exemplaire sans provenance spécifiée ; un exemplaire (n° 10) acquis dans le commerce d'art en 1984 (vente Ader Picard Tajan du 25 juin 1984, n° 66 du cat.)
BIBLIOGRAPHIE : 1984, B. Gaudichon, n° 45, p. 91, repr. ; 1984, R.-M. Paris, p. 359 ; 1990, R.-M. Paris-A. de La Chapelle, n° 36, p. 150, repr. ; 1990, N. Barbier, n° 41, p. 73, 148, repr. ; 1991, N. Barbier, n° 44, p. 75, 153, repr. ; 1993, Laon (s.p.). ; 1995, N. Barbier, n° 19 ; 1995, G. Bouté, p. 228 ; 1996, A. Rivière-B. Gaudichon- D. Ghanassia, n° NR 4, p. 176, repr. ; 1997, R.-M. Paris (Mexico), hors cat.; 1997, R.-M. Paris (Sao Paulo), p. 128, repr. p. 129.
EXPOSITIONS : 1984, Paris-Poitiers, n° 45 ; 1990-1991, Martigny, n° 41 ; 1991, Paris, n° 44 ; 1993, Laon ; 1995, Luxembourg, n° 19 ; 1997, Mexico ; 1997, Sao Paulo, n° 22.
LOCALISATION : Coll. part.
Si cette petite oeuvre est bien de Camille Claudel, elle est difficilement datable. Il s'agirait d'une réalisation tardive et alimentaire qui évoquerait par son sujet la Chienne rongeant un os et renouerait avec les caractéristiques essentielles de la série des études d'après nature. Cependant, le style, le modelé nous semblent peu compatibles avec la production habituelle de l'artiste, d'autant plus que la signature extrêmement difficile à lire est très différente des signatures habituelles de l'artiste. Deux exemplaires de cette oeuvre sont localisées.

 

Tête d'enfant

1. Marbre
H. 7 ; L. 8 ; P. 2,5 cm.
N.S. n.D.
HISTORIQUE : Ancienne coll. Eugène Blot ; apparu en 1990 en vente publique à Paris (Mes Lenormand et Payen, 4 mai 1990, n° 107 du cat.).
BIBLIOGRAPHIE : 1990, R.-M. Paris-A. de La Chapelle, n° 34, p. 148, repr. ; 1990, N. Barbier, n° 42, p. 74, 148, repr. ; 1991, N. Barbier, n° 45, p. 76, 153, repr. ; 1993, P. Jourdan, repr. p. 49 ; 1996, A. Rivière-B. Gaudichon-D. Ghanassia, n° NR 8, p. 177, repr.
EXPOSITIONS : 1990, Paris, n° 107 ; 1990-1991, Martigny, n° 42 ; 1991, Paris, n° 45.
LOCALISATION : Coll. part.
 
2. Bronze fonte posthume (apr. 1990)
H. 9 ; L. 7 ; P. 2 cm.
S. : C. Claudel
Cachets : Coubertin et Rocher.
HISTORIQUE : Édition à partir du marbre provenant de la coll. d'Eugène Blot ; il semble que le cachet Coubertin corresponde aux 8 exemplaires numérotés 1 à 8 et que le cachet Rocher corresponde aux 4 exemplaires numérotés I à IV. L'édition serait donc limitée à 12 exemplaires au total.
BIBLIOGRAPHIE : 1993, P. Jourdan, n° 35, p. 49 ; 1993, R.-M. Paris-G. Perrault, n° 9, p. 46-47, repr. ; 1994, R.-M. Paris, n° 1, p. 37, 95, repr. ; 1995, N. Barbier, n° 20 ; 1997, R.-M. Paris (Mexico), p. 82, repr. p. 83 ; 1997, R.-M. Paris (Sao Paolo), p. 126, repr. p. 127.
EXPOSITIONS : 1993, Morlaix, n° 35 (fonte Rocher) ; 1993, Hong-Kong-Taipei-Séoul, n° 9 (ex. Rocher I/IV) ; 1994, Kaohsiung, n° 1 (ex. Rocher I/IV) ; 1995, Luxembourg, n° 20 (ex. Coubertin 2/8) ; 1996, Aulnay-sous-Bois ; 1997, Mexico (ex. Rocher E.A. 2) ; 1997, Sao Paulo, n° 21 (ex. Rocher E.A. 2).
LOCALISATION : Tous exemplaires en coll. part.
Apparu en 1990 dans l'ouvrage de R.-M. Paris et A. de La Chapelle, ce bas-relief provient de la collection du marchand Eugène Blot qui fut l'éditeur principal de l'oeuvre de Camille Claudel. Cette provenance ne suffit pas à assurer que Camille Claudel soit l'auteur de cette oeuvre très secondaire et en tout état de cause sans aucun équivalent dans le Catalogue de la production de l'artiste qui ne semble jamais avoir réalisé de bas-relief. Aucune exposition, aucune référence bibliographique ne permettent d'assurer l'historique de ce portrait.
En conséquence, et dans l'attente d'informations plus précises, nous préférons renoncer à faire figurer cette oeuvre dans le catalogue des oeuvres indiscutables.

 

L'Écume (1901 ?)
 
Marbre et onyx
H. 23,5 ; L. 40 ; P. 15 cm.
S. : Camille Claudel.
HISTORIQUE : Oeuvre apparue en 1987.
BIBLIOGRAPHIE : 1987, R.-M. Paris, n° 30, p. 50, repr. ; 1988, R.-M. Paris, n° 29, p. 63, repr. ; 1990, R.-M. Paris-A. de La Chapelle ; 1990, N. Barbier, n° 76, p. 115, 154, repr. ; 1991, N. Barbier, n° 80, p. 117, 159, repr. ; 1996, A. Rivière-B. Gaudichon-D. Ghanassia, n° NR 9, p. 178, repr. ; 1997, R.-M. Paris (Sao Paulo), p. 176, repr. p. 177-179.
EXPOSITIONS : 1987-1988, Japon, n° 30 ; 1988, Washington, n° 29 ; 1990-1991, Martigny, n° 76 ; 1991, Paris, n° 80 ; 1997, Sao Paulo.
LOCALISATION : Coll. part.
Apparu en 1987-1988 lors de l'exposition itinérante organisée au Japon, ce petit sujet est repris avec des réserves dans le catalogue de R.-M. Paris et A. de La Chapelle. L'absence de documentation sur l'origine et le pedigree de cet objet, et son incongruité dans le catalogue de l'oeuvre de Camille Claudel nous conduisent à écarter cette baigneuse qui n'a aucun rapport avec La Vague et ne semble qu'un très pâle écho des Cheminées, très documentées, qu'édita E. Blot.
Il semble notamment que les oeuvres recourant à l'utilisation de l'onyx soient toujours partiellement réalisées en bronze. C'est le cas de La Vague et des successives Cheminées qui associent toujours un décor minéral et des personnages métalliques.

 

Tête : Homme moustachu
 
1. Terre crue et pleine
H. 30 ; L. 20 ; P. 30 cm.
N.S.
HISTORIQUE : Modelage retrouvé en 1986 dans un local municipal de Wassy-sur-Blaise où, adolescente, vécut Camille Claudel ; oeuvre identifiée par R.-M. Paris et A. de La Chapelle comme un probable Bismarck, mentionné en 1898 par Morhardt.
BIBLIOGRAPHIE : 1987, R.-M. Paris, n° 1, p. 18, repr. ;1988, R.-M. Paris, n° 1, repr. ; 1990, R.-M. Paris-A. de La Chapelle, n° 1, p. 93 repr. ; 1993, P. Jourdan, n° 15, p. 38 repr. ; 1996, A. Rivière-B. Gaudichon-D. Ghanassia, n° NR 10, p. 178, repr.
EXPOSITIONS : 1987-1988, Japon, n° 1 ; 1988, Washington, n° 1 ; 1993, Morlaix, n° 15.
LOCALISATION : Wassy-sur-Blaise, hôtel de ville.
 
2. Bronze, fontes posthumes (AP. 1990)
H. 30 ; L. 20 ; P. 30 cm
S. (?)
Marque de fondeur (?)
HISTORIQUE : Fonte à partir de la terre crue découverte en 1986 à Wassy-sur-Blaise (1 exemplaire ?).
BIBLIOGRAPHIE : 1997, R.-M. Paris (Mexico), p. 40, repr. p. 41 ; 1997, R.-M. Paris (Sao Paulo), p. 86, repr. p. 87.
EXPOSITIONS : 1997, Mexico (attribué à CC) ; 1997, Sao Paulo, n° 1 (attribué à CC).
LOCALISATION : Coll. part.
Il paraît très difficile de suivre R.-M. Paris et A. de La Chapelle et de confondre ce modelage très médiocre avec le Bismarck (cf n° 5), réalisé par l'artiste vers 1877-1879 et décrit succinctement en 1898 par Morhardt qui le déclare alors détruit : « Une figure extraordinairement tragique et fatale. » On serait enfin en peine de découvrir dans ce buste maladroit la « rodinité » du style de la jeune fille qui surprit Boucher et Dubois à la même époque.

 

Jeune femme en marche la tête dans les mains
 
1.Plâtre patiné terre cuite
H. 26 cm.
S. n.D. : C C
BIBLIOGRAPHIE : 1996, A. Rivière-B. Gaudichon-D. Ghanassia, n° NR 11, p. 179, repr.
LOCALISATION : Coll. part.
 
2. Bronze
H. 25 cm
N.S.
Sans marque de fondeur.
LOCALISATION : Coll. part
Cette statuette, acquise par son propriétaire actuel en 1946, n'est bien certainement, étant donné son manque de détails, qu'une esquisse. Ne connaissant aucune description de l'oeuvre vendue par Madame P. en 1940 à l'Hôtel Drouot, nous ne pouvons assurer qu'il s'agit là du Retour. La tentation serait grande pourtant de voir dans cette jeune femme, manifestement affligée et enceinte, le sujet du Retour et de la rapprocher du projet de Camille Claudel, La Faute, évoqué dans la célèbre lettre illustrée à son frère : « Une jeune fille accroupie sur un banc pleure, ses parents la regardent tout étonnés. »[1] . De plus le double C frappé sur la terrasse, ainsi que quelques traits stylistiques, telles la position de la jambe droite ou la rondeur du ventre, pourraient nous entraîner à croire être là en présence d'une ébauche claudélienne. Mais, en l'état actuel de nos connaissances, nous ne franchirons point ce pas sans une documentation élaborée.
Après la parution de la première édition de notre catalogue, nous avons eu connaissance d'un bronze de ce même modèle mais sans plus de documentation.

 

Groupe de lutteurs
 
Plâtre ou Terre
Dimensions inconnues.
HISTORIQUE : Trois photographies de cette oeuvre en cours de réalisation sont conservées aux archives du musée Rodin avec l'annotation au dos : Claudel St.
BIBLIOGRAPHIE : 1990, R.-M. Pari-A. de La Chapelle, n° 97, p. 241, repr. ; 1996, A. Rivière-B. Gaudichon-D. Ghanassia, n° NR 12, p. 179 ; 1997, M. Sellier, fig. 10 et 11.
LOCALISATION : Oeuvre non localisée.
Sous le n° 97, le catalogue de R.-M. Paris et A. de La Chapelle présente trois photographies d'un plâtre représentant deux lutteurs. Aujourd'hui ces documents sont conservés avec ceux provenant de la famille de Florence Jeans dans les archives photographiques du musée Rodin.
Les archives du musée Rodin conservent aussi des photographies de lutteurs, réels ceux-là, dont les attitudes sont tout à fait analogues. Donc si cette oeuvre est contemporaine des années de travail conjoint de Camille Claudel et Rodin, il faudrait la dater du tout début des années 1890 et certainement avant 1893.
Stylistiquement nous sommes proches du naturalisme de La Valse (cf. n° 33) commencée en 1889 et la contracture anatomique de l'un des combattants rappelle celle de L'Invocation de Rodin que R.-M. Paris et A. de La Chapelle rapprochent très judicieusement de La Joueuse de flûte (cf. n° 64) -- qu'il faudrait alors situer plus tôt dans l'oeuvre de Camille Claudel.
Affirmer, dans l'état actuel de nos connaissances, que cette oeuvre disparue est plutôt de Camille Claudel que de Rodin nous semblerait téméraire et c'est pour cela que nous préférons ne pas l'intégrer, à ce jour, au catalogue des oeuvres incontestables de Camille Claudel.

 

Profil d'Auguste Rodin
 
Bronze, bas relief
Dimensions inconnues
S. (?)
Titré : RODIN
HISTORIQUE : Coll. du sculpteur japonais Haguiwara, élève de Rodin.
LOCALISATION : Musée Haguiwara, Rokusan (Japon).
Ce bas-relief, exposé comme une oeuvre de Camille Claudel, appartenait au sculpteur Haguiwara (ou Hagihara) qui, dans les années 1909-1910 vint à Paris, y fut élève de Rodin et, selon une tradition orale, amie de Camille Claudel.
Le Musée Rodin conserve deux cartes de voeux de Hagihara à Rodin datées de janvier 1911 et janvier 1912 qui permettent de penser que celui-ci était à Paris peu avant 1911. Or, dans ces années là Camille Claudel avait totalement rompu avec Rodin et vivait recluse quai Bourbon. Il est donc, sans information supplémentaire, difficile de croire qu'elle ait pu entretenir une amitié avec ce sculpteur japonais et lui faire cadeau du portrait du maître et amant excécré.
Ce bas-relief n'a jamais été mentionné par les contemporains de Camille Claudel et jamais exposé. Hormis le petit bas-relief de Tête d'enfant provenant de la collection Eugène Blot (cf. NR 4), nous ne connaissons aucun autre bas-relief susceptible d'être intégré à l'oeuvre de Camille Claudel. Il ne semble pas en effet que ce fut là une des manières habituelles de l'artiste. C'est donc avec beaucoup de réserve que nous pourrions l'admettre parmi les oeuvres indiscutables de Camille Claudel et c'est pourquoi, en l'attente d'éléments historiques nouveaux, nous préférons ne pas retenir ce bas-relief au catalogue.

 

Buste de Fillette au médaillon
 
Plâtre verni
H. 41 ; L. 31,5 ; P. 21 cm
N.s. n.d.
HISTORIQUE : Don du peintre Frits Thaulow à la Nasjonalgalleriet d'Oslo, le 9 mars 1897.
BIBLIOGRAPHIE : 1991, R.-M. Paris-A de La Chapelle, p. 214, repr.
LOCALISATION : Oslo, Nasjonalgalleriet, Inv. n° NG-5-0063.
La provenance de ce buste devrait évidemment permettre une intégration dans le catalogue des oeuvres indiscutables. Il semble néanmoins qu'il convienne d'être prudent même si, comme le proposent R.M. Paris et A. de La Chapelle, il ne faut pas exclure que nous ayons ici le plâtre d'une commande non localisée.
Il n'en demeure pas moins qu'il n'existe, stylistiquement, aucune oeuvre de comparaison avec ce portrait très conventionnel et que, notamment, nous sommes loin, ici, des successives Petites Châtelaine qui devraient être sensiblement contemporaines de ce modelage.
Le peintre norvégien Frits Thaulow était un ami de Rodin et posséda plusieurs oeuvres de Camille Claudel dont un plâtre patiné de la Petite Châtelain. Cet exemplaire est aujourd'hui localisé dans une collection particulière et a servi à une édition posthume. Morhardt avait évoqué ces plâtres en 1898 et Joseph Denais, dans son catalogue du Musée de Beaufort, indique qu'un moulage du même portrait se trouvait au Musée de Copenhague[2].
Aucune source ne permet de croire à la présence chez Thaulow d'un buste de fillette qui ne serait pas La Petite Châtelaine mais il est tout à fait possible d'imaginer que le plâtre non signé offert en 1897 par le peintre au Musée d'Oslo ait été, dés cette époque, faussement attribué à Camille Claudel[3]. On ne doit pas non plus exclure que Denais ait confondu Oslo et Copenhague et cru que Thaulow avait offert son plâtre de la Petite Châtelaine dont le Musée de Beaufort possédait un exemplaire en bronze que lui avait offert le baron de Rothschild.
En tout état de cause, ces questions sans réponses obligent à la plus extrême prudence et il convient donc de réserver encore l'inscription de ce buste atypique au catalogue des oeuvres indiscutables.

 

 

2. PEINTURES

Jeune femme au divan
 
Huile sur toile
H. 73 ; L. 92 cm.
S. h. d. en rouge, n.D. : Camille Claudel.
HISTORIQUE : Collection Giraudeau en 1979.
BIBLIOGRAPHIE : 1996, A. Rivière-B. Gaudichon-D. Ghanassia, n° NR 31, p. 185, repr. ; 1997, R.-M. Paris (Mexico), p. 130 ; 1997, R.-M. Paris
(Sao Paulo), p. 85, repr.
EXPOSITIONS: 1997, Mexico (hors cat.) ; 1997, Sao Paulo.
LOCALISATION : Coll. part.
Cette oeuvre est très éloignée du style et de la manière de Camille Claudel tels que l'on peut les percevoir dans les reproductions des deux seules toiles connues, aujourd'hui non localisées, de Camille Claudel, le Portrait de Victoire Brunet et le Portrait d'Eugénie Plé de la collection Morhardt. Elle est aussi très dissemblable de l'ensemble des tableaux de Charles Claudel que nous avons pu réunir. De plus, en 1979, la toile à l'emplacement de la signature portait des traces de peinture rouge sans qu'il soit possible d'y lire un nom.
Aussi, en l'absence de sources anciennes, nous avons préféré ne pas l'intégrer au catalogue des oeuvres incontestables de Camille Claudel.

 

Paysage urbain
 
Huile sur toile
Dimensions inconnues.
S. b. d. en noir : Claudel.
HISTORIQUE : Collection Martin en 1985.
BIBLIOGRAPHIE : 1996, A. Rivière-B. Gaudichon-D. Ghanassia, n° NR 32,P. 185, repr.
LOCALISATION : Non localisée.

 

La Valse (1893 ?)
 
Encre sur papier
H. 23,5 ; L. 15 cm
S. en bas à droite : C. C.
Titré en bas au milieu sur deux lignes : "La Valse" / par Camille Claudel
Annoté en bas sur le support papier : "La Valse" croquis cursif à la plume de Melle Claudel, sculpteur / pour "la Valse" Bronze cire perdue, pièce unique (1893)
HISTORIQUE : Collection Marcailhou d'Aymeric.
BIBLIOGRAPHIE : 1997, R.-M. Paris (Mexico), p. 124-125, repr. ; 1997, R.-M. Paris (Sao Paulo), (s.p.), repr.
EXPOSITIONS : 1997, Mexico ; 1997, Sao Paulo.
LOCALISATION : Coll. part.
En 1997, au catalogue de l'exposition Camille Claudel à Mexico, Reine-Marie Paris, dans un article intitulé « Sobre un aire de vals », raconte sa découverte de ce dessin chez un descendant du compositeur Marcailhou.
Gatien Marcailhou d'Aymeric (1807-1855) connut la gloire en 1840 avec une valse intitulée Indiana (certainement un hommage à George Sand dont le roman éponyme était paru en 1832). Paul Claudel lui-même connaissait sa musique puisqu'il écrit en 1927 : « Un certain rythme élégant et mol fait à peu près toute la valeur des meilleures poésies de Lamartine, comparables aux valses de Marcailhou, et de beaucoup d'autres compositions de la même époque »[4].
Ce dessin à la plume, exposé pour la première fois en 1997, est une étude d'après l'oeuvre achevée. On ne connaît qu'un seul dessin attesté de Camille Claudel d'une oeuvre achevée, destiné à sa publication dans la presse, celui de Sakountala. Celui qui nous intéresse ici est plus un croquis rapide qui aurait pu être exécuté devant la vitrine de Siot-Decauville, boulevard des Italiens, où l'oeuvre fut exposée à partir d'août 1893, après que le modèle en plâtre (qui appartenait à Siot-Decauville) l'ait été à la Nationale de la même année.
Ne connaissant ce dessin que par sa reproduction dans les catalogues de Mexico et Sao Paulo, et malgré l'intérêt de sa provenance, nous observerons quelque prudence avant de l'intégrer au catalogue des oeuvres indiscutables de Camille Claudel.

 

 

[1] Lettre de Camille Claudel à Paul Claudel (fin 1893 ?) ; Paris, Bibliothèque Nationale, fonds Paul Claudel.
[2] J. Denais, 1908, p. 295.
[3] Le Musée d'Oslo s'est d'ailleurs longuement posé la question de l'authenticité de ce buste qui ne figure pas dans ses catalogues de 1937, 1952 et 1971 et qui n'a obtenu que très récemment le statut d'oeuvre originale.
[4] P. Claudel,« Sur le vers français », in Positions et propositions, 1928, Paris, Gallimard, p. 80 ; in Oeuvres en proses, 1965, Bibliothèque de la Pléiade, p. 40. On voit là que Paul Claudel n'est pas d'un enthousiasme forcené et cependant madame Paris écrit p. 124 du catalogue de Mexico que, pour lui, : « La Valse de sa soeur Camille était l'admirable cristallisation de la valse romantique Indiana de Gatien Marcailhou ».

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