Buste de jPaul Claudel à trente-sept ans de Camille Claudel
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Buste de Paul Claudel à trente-sept ans
(1905-1913)

A l'automne 1905, alors que Paul Claudel écrit Partage de Midi, Camille Claudel entreprend un nouveau portrait de son frère. Paul Claudel écrit à Gabriel Frizeau le 23 octobre 1905 : «Elle fait en ce moment mon buste qui sera, je crois, une œuvre superbe1. »
Il faut suivre les conclusions de Reine-Marie Paris et Arnaud de La Chapelle et considérer le plâtre conservé dans la famille de l'artiste comme une étude pour le buste fondu par Converset. En effet, répon­dant au peintre Henry Lerolle qui voulait éditer ce portrait, Paul Claudel écrit : «J'ai parlé à ma sœur Camille de votre aimable proposition en ce qui concerne mon buste. Mais, comme je m'en doutais, il n'y a rien à faire. Je ne vous en suis pas moins infi­niment reconnaissant. J'ai bien chez moi, ou plutôt chez ma sœur Louise, un premier état de ce buste, mais il n'y a que la tête seule2.» Fin 1911, donc, la seconde version existait puisque Paul Claudel évoque la possibilité d'utiliser, à défaut, « un premier état de ce buste». En 1913, en tout cas, l'édition des six exemplaires est attestée par l'article de Paul Claudel dans L'Art décoratif.
Le choix du buste à l'italienne pour le modèle achevé rappelle évidemment Mon frère (cf. n° 13) dont ce portrait est fort proche dans la composition, mais plus moderne dans l'esprit. Au drapé théâtral de 1884 s'est substituée une œuvre d'un naturalisme fidèle mais sensible, proche, par exemple, de l'équi­libre serein d'un Charles Despiau ou d'un Robert Wlérick, c'est-à-dire du courant figuratif classique, important dans la statuaire de la première moitié du siècle.

[1] Lettre de Paul Claudel à Gabriel Frizeau (23 octobre 1905), in P. Claudel, 1952.
[2] Lettre de Paul Claudel à Henry Lerolle (Francfort-sur-le-Main, 31 octobre 1911); Paris, bibliothèque nationale de France, fonds Paul Claudel.

 

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