Paul Claudel à treize ans
© ADAGP

Buste de Paul Claudel à treize ans
ou Jeune Achille
(1881)

Avec ce buste commence l'importante série de portraits de familiers de Camille Claudel. Sculptées, peintes ou dessinées, ces images évoquent le cadre familial de l'artiste dans ses jeunes années. En effet, si l'on escompte le Portrait de Louis-Prosper Claudel vraisemblablement réalisé en 1905, et l'ultime buste de Paul datable de 1905-1910, cet ensemble d'oeuvres dont le sujet est un visage de proches s'achève en 1888 avec le Buste de Ferdinand de Massary, beau-frère de l'artiste. Le Buste de Rodin est, lui, dès 1888, le premier d'un certain nombre de portraits de commande, prolongeant naturellement la première suite.
Paul, le frère cadet, sera un modèle privilégié, utilisé trois fois pour la sculpture et une fois pour le pastel . Les trois premiers portraits du futur écrivain et notamment ce Paul à treize ans appartiennent à ce qu'il est possible d'appeler la série des bustes théâtraux qui s'achèvera au tournant du siècle avec Monsieur de Maigret en costume Henri II et Madame A. de Maigret et qui s'oppose à la veine naturaliste représentée, par exemple, avec La Vieille Hélène. L'utilisation du drapé antique et du modèle héroïque pour ce portrait d'un tout jeune garçon paraît assez étonnante, d'autant plus qu'il ne s'agit que d'une effigie de proche et non pas d'une oeuvre de commande. Si le recours au costume historique s'explique aisément pour le comte de Maigret, il semble qu'il soit dû, pour cette oeuvre, à la personnalité du modèle et à la puissance des rapports qui unissent alors Paul et Camille Claudel. En intitulant ce buste Jeune Achille, Joseph Beulay transmet sans doute assez fidèlement les intentions romantiques du sculpteur.
Il est généralement admis que l'oeuvre présentée au Salon de 1887 serait le bronze offert par la baronne Nathaniel de Rothschild à la ville de Châteauroux. Un dessin de Henri Dumont, illustrant l'article consacré par Paul Leroi[1] au Salon de 1887, prouve que le buste exposé en cette année est en fait d'un modèle identique à ceux conservés par les musées de Tourcoing, Toulon, Toulouse et Avignon et provenant de la collection de la baronne Nathaniel de Rothschild. Aujourd'hui non localisée, la terre, ou le plâtre original, de l'oeuvre du musée de Châteauroux fut donc sans doute acquis dans l'atelier même de l'artiste sans avoir été préalablement présenté en public. La fonte que R.-M. Paris et A. de La Chapelle donnent à Gruet[2] fut vraisemblablement commanditée par A. de Rothschild à une date que nous ne connaissons pas mais assurément antérieure à 1903, année de son entrée dans les collections castelroussines. Nous ne savons pas non plus si d'autres épreuve furent réalisées.

 

En savoir plus > NOTICE

 

Crédits